Gouda, la malédiction
Mercredi dernier, juste après mes cours, et précisément au moment où j'étais en week-end jusqu'au mardi suivant (HA, HA), j'ai retrouvé chez lui Fix, un Français de l'ENAC. Objectif : rejoindre Gouda, la ville-fromage, en vélo. Le ciel est bleu, on est plein de rêves et d'illusions.
Dans mon inconscient, Gouda n'est pas une ville. Ca n'est même pas un lieu. Gouda est hors du temps, c'est un concept, une notion. Gouda n'existe pas, il y a des camions qui livrent du fromage partout aux Pays-Bas, mais personne ne sait vraiment ce qui se trame dans cette ville fantôme, ni même où elle est.
On part donc vers 11h (oui je suis en week-end très tôt le matin !). Dans mon inconscient, Gouda est environ à 10 km de Delft, et c'est bien indiqué. On s'affranchi donc d'emmener un plan, on apprend tant bien que mal le nom de 3 villes-étapes de notre bike-trip : Pijnacker, Bleiswijk et Zevenhuizen. L'idée est de manger là-bas, et revenir tranquillement dans le courant de l'aprèm.
On part donc plein d'enthousiasme, et on arrive à Pijnacker (1ère ville étape) super facilement. On se dit "Mais putain ça va super vite, c'est facile d'aller à Gouda, je comprend pas le regard horrifié qu'avaient tous les Hollandais a qui on a dit qu'on voulait aller à Gouda". Et soudain, tout bascule. On ne sait plus où l'on va. On demande à un facteur, qui nous indique une direction. On s'arrête à une station essence, qui nous en indique une autre. Le piège Gouda se referme lentement. Les Hollandais sont confus, en effet personne ne sait vraiment comment aller à Gouda. On se perd, on roule pendant peut-être 1h, sans vraiment savoir où on est, mais en sachant qu'on avance globalement dans la bonne direction. Soudain, le miracle tant attendu se produit : un panneau indiquant Gouda ! Et là, la surprise se lit sur nos visage : "Quoi, encore 18 kilomètres ??".
Grosse motivation : on mange un pépito, et on repart. Quelques minutes plus tard, on perd la trace de la piste cyclable. Croyez le ou non, il y a un panneau indiquant la piste cyclable en direction d'un champ. Euphorisés par les pépitos, on décide de couper à travers champ.
Un grand moment de galère
Dans le jargon, on appelle ça une idée à la con, car nos pneus étaient pas très gonflés (on pensait partir pour une petite balade de santé, alors on avait zappé l'étape "contrôle technique")... Pour les enfants qui me lisent : Ne négligez pas l'entretien de votre vélo, c'est très important.
Bref on roule, on roule, on roule (j'ai jamais autant roulé aux Pays-Bas sans fumer, haha comme je suis drôle). Plus on avance, et plus le concept de Gouda devient flou. On tient des propos incohérents, on a l'esprit embrouillé, on bave de la mousse. On se demande si on y arrivera, s'il ne vaut mieux pas renoncer. Mais on tient bon : Gouda, ça se mérite. Finalement, une lueur d'espoir apparait à l'horizon
Le mac do de Gouda, je ne vous ferais aucune blague avec le cheeseburger (mais vous pouvez en imaginer si vous voulez)
Et puis on rentre en vainqueurs dans la ville. Les gens nous regardent avec des grands yeux. On entend des cris, les enfants courent derrière nous alors que l'on pénètre dans la ville. Les gens hurlent "Des étrangers sont là ! Les sauveurs de Delft sont arrivés !" Des femmes pleurent. De notre côté, c'est la surprise, voire la déception. La ville nous parait normale. Les rues ne sont pas en fromage, elles sont en goudron. Les bâtiments ne sont pas en fromage, ils sont en béton. Même les gens sont en chair et en os ! C'est un rêve qui s'effondre. On arrive sur la place principale, où le maire nous remet les clefs de la ville, à savoir celles du Stadhuis (la mairie)
Le Stadhuis de Gouda
La liesse générale
Cependant, il faut reconnaitre que la ville est charmante. Les Pays-Bas sous le soleil, c'est toujours énorme de toute façon ! On mange donc sur place, il est environ 14h et on a roulé pendant presque 3h pour arriver ! On va faire une petite photo souvenir au musée du fromage de Gouda (ha ha le cliché).
Puis, vers 17h, on décide de se remettre en route. Et là, c'est la surprise. Le pneu de Fix est à plat. On part, roule 100 m. On est crevé et on en a plein les pattes (enfin, lui encore plus que moi !). On comprend que si l'aller a été un enfer, le retour s'annonce très prometteur. Cependant, je suis un "veinard" car mon pneu n'est pas à plat, juste dégonflé. Après 3h30 de souffrance sur le chemin du retour, et de nombreux pépitos ingérés, nous vimes Delft, enfin. Bilan : 70km, au lieu des 20 escomptés ! Je suis arrivé chez moi crevé comme jamais, à 20h30.
A posteriori, on s'est un peu reconnu dans les soldats qui partaient, la fleur au fusil, faire la guerre en 14-18. Vous savez, les gens qui disaient "On va mettre la pêtée à l'ennemi, on sera de retour dans 2 semaines, je suis fier de servir mon pays, etc..." Ces pauvres gens qui ont vite déchanté en voyant l'horreur des tranchées, passer 6 mois dans les mêmes chaussettes mouillées, à bouffer de la terre et à voir tout ses amis crever.
Et bien sur, je finis par la malédiction de Gouda. La malédiction, c'est que quelques jours plus tard quand j'ai repris mon vélo, il avait pas moins de 3 crevaisons dans la chambre à air... Cette ville est maudite !
Dans mon inconscient, Gouda n'est pas une ville. Ca n'est même pas un lieu. Gouda est hors du temps, c'est un concept, une notion. Gouda n'existe pas, il y a des camions qui livrent du fromage partout aux Pays-Bas, mais personne ne sait vraiment ce qui se trame dans cette ville fantôme, ni même où elle est.
On part donc vers 11h (oui je suis en week-end très tôt le matin !). Dans mon inconscient, Gouda est environ à 10 km de Delft, et c'est bien indiqué. On s'affranchi donc d'emmener un plan, on apprend tant bien que mal le nom de 3 villes-étapes de notre bike-trip : Pijnacker, Bleiswijk et Zevenhuizen. L'idée est de manger là-bas, et revenir tranquillement dans le courant de l'aprèm.
On part donc plein d'enthousiasme, et on arrive à Pijnacker (1ère ville étape) super facilement. On se dit "Mais putain ça va super vite, c'est facile d'aller à Gouda, je comprend pas le regard horrifié qu'avaient tous les Hollandais a qui on a dit qu'on voulait aller à Gouda". Et soudain, tout bascule. On ne sait plus où l'on va. On demande à un facteur, qui nous indique une direction. On s'arrête à une station essence, qui nous en indique une autre. Le piège Gouda se referme lentement. Les Hollandais sont confus, en effet personne ne sait vraiment comment aller à Gouda. On se perd, on roule pendant peut-être 1h, sans vraiment savoir où on est, mais en sachant qu'on avance globalement dans la bonne direction. Soudain, le miracle tant attendu se produit : un panneau indiquant Gouda ! Et là, la surprise se lit sur nos visage : "Quoi, encore 18 kilomètres ??".
Grosse motivation : on mange un pépito, et on repart. Quelques minutes plus tard, on perd la trace de la piste cyclable. Croyez le ou non, il y a un panneau indiquant la piste cyclable en direction d'un champ. Euphorisés par les pépitos, on décide de couper à travers champ.
Un grand moment de galèreDans le jargon, on appelle ça une idée à la con, car nos pneus étaient pas très gonflés (on pensait partir pour une petite balade de santé, alors on avait zappé l'étape "contrôle technique")... Pour les enfants qui me lisent : Ne négligez pas l'entretien de votre vélo, c'est très important.
Bref on roule, on roule, on roule (j'ai jamais autant roulé aux Pays-Bas sans fumer, haha comme je suis drôle). Plus on avance, et plus le concept de Gouda devient flou. On tient des propos incohérents, on a l'esprit embrouillé, on bave de la mousse. On se demande si on y arrivera, s'il ne vaut mieux pas renoncer. Mais on tient bon : Gouda, ça se mérite. Finalement, une lueur d'espoir apparait à l'horizon
Le mac do de Gouda, je ne vous ferais aucune blague avec le cheeseburger (mais vous pouvez en imaginer si vous voulez)Et puis on rentre en vainqueurs dans la ville. Les gens nous regardent avec des grands yeux. On entend des cris, les enfants courent derrière nous alors que l'on pénètre dans la ville. Les gens hurlent "Des étrangers sont là ! Les sauveurs de Delft sont arrivés !" Des femmes pleurent. De notre côté, c'est la surprise, voire la déception. La ville nous parait normale. Les rues ne sont pas en fromage, elles sont en goudron. Les bâtiments ne sont pas en fromage, ils sont en béton. Même les gens sont en chair et en os ! C'est un rêve qui s'effondre. On arrive sur la place principale, où le maire nous remet les clefs de la ville, à savoir celles du Stadhuis (la mairie)
Le Stadhuis de Gouda
La liesse généraleCependant, il faut reconnaitre que la ville est charmante. Les Pays-Bas sous le soleil, c'est toujours énorme de toute façon ! On mange donc sur place, il est environ 14h et on a roulé pendant presque 3h pour arriver ! On va faire une petite photo souvenir au musée du fromage de Gouda (ha ha le cliché).
Puis, vers 17h, on décide de se remettre en route. Et là, c'est la surprise. Le pneu de Fix est à plat. On part, roule 100 m. On est crevé et on en a plein les pattes (enfin, lui encore plus que moi !). On comprend que si l'aller a été un enfer, le retour s'annonce très prometteur. Cependant, je suis un "veinard" car mon pneu n'est pas à plat, juste dégonflé. Après 3h30 de souffrance sur le chemin du retour, et de nombreux pépitos ingérés, nous vimes Delft, enfin. Bilan : 70km, au lieu des 20 escomptés ! Je suis arrivé chez moi crevé comme jamais, à 20h30.
A posteriori, on s'est un peu reconnu dans les soldats qui partaient, la fleur au fusil, faire la guerre en 14-18. Vous savez, les gens qui disaient "On va mettre la pêtée à l'ennemi, on sera de retour dans 2 semaines, je suis fier de servir mon pays, etc..." Ces pauvres gens qui ont vite déchanté en voyant l'horreur des tranchées, passer 6 mois dans les mêmes chaussettes mouillées, à bouffer de la terre et à voir tout ses amis crever.
Et bien sur, je finis par la malédiction de Gouda. La malédiction, c'est que quelques jours plus tard quand j'ai repris mon vélo, il avait pas moins de 3 crevaisons dans la chambre à air... Cette ville est maudite !
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