Tromsø, à pied
On part donc, tout guillerets, en direction de la colline. On sait qu'il existe des chemins tracés dans la neige, mais il sont tout petits (la largeur d'un homme). Vu que l'on a aucun plan, on se chie et on en trouve pas. Mais soudain, on aperçoit des traces dans la neige : des gens sont déjà passés par là, on décide de marcher dans leurs traces. Du coup au lieu de suivre des chemins en lacet, on attaque la pente tout droit, sous les fils d'un téléphérique (ouvert que l'été bien entendu). J'ai donc monté le plus long escalier de ma vie, mais c'était plaisant : partout autour, de la poudreuse immaculée, et bien sur une jolie vue dès que l'on se retourne :

Les fils du téléphérique !
Comme tu me disais Corty (qui a une bonne connaissance de la Scandinavie), on a envie de prendre une photo à chaque pas. Les fjords sembles si purs, si propres, mais en même temps si fragiles.... J'arrête de parler, parce qu'un bon dessin vaut mieux qu'un long discours (c'est pour ça que j'aime bien dessiner). En l'occurence ça sera des photos
Et puis on arrive en haut. Je sais pas comment décrire ce que je ressens. Pour ainsi dire, c'est stratosphérique. La vue est à couper le souffle. D'ailleurs j'ai le souffle coupé, parce que j'ai bourriné pour arriver en haut avant le coucher du soleil. En attendant que les autres me rejoignent, je me retrouve seul avec la beauté.

L'arrière de l'île de Tromsø

Le milieu avec le pont

La vue sur l'arrière de la colline

Et wam ! Message pour Rom : inutile de me traiter d'enfoiré encore une fois, je le sais. C'était dans mon horoscope !
Sur cette dernière photo, j'ai l'air de sourire. Il n'en n'est rien. En fait j'ai froid comme jamais j'ai eu froid de ma vie : tout en haut, la colline est nue, si bien qu'il y a un vent de fou. Même avec tous mes vêtements de ski, le froid transperce et c'est assez inconfortable. Après quelques minutes je ne sens plus mes doigts (j'ai pourtant mes gros gants de ski). Pour vous donner une image marquante : Une personne a sorti un fond de bouteille de son sac, c'était liquide. Puis quelqu'un lui dit quelque chose, bref quand la personne veut boire 20 secondes plus tard, c'est gelé ! J'avais le bout de mon nez qui me faisait trop mal, comme s'il était brûlé. A vrai dire, durant tout le séjour il a fait des températures négatives, mais au camp on le sentait pas (car l'air était sec). Par exemple tous les soirs pour rentrer de la douche, je devais marcher 45 secondes dehors pour rejoindre notre location. Et bien à chaque fois quand j'arrivais, j'avais les mèches mal séchées complêtement gelées. Et pourtant il me semblait pas avoir froid ! Par contre en haut de cette colline....
Vous comprenez bien que malgré la vue, on s'éternise pas, et pour varier les plaisirs on décide de descendre en coupant par la forêt. Cela restera l'un de mes meilleurs souvenirs de Tromsø : comme je vous l'ai dit, il y a de la poudreuse immaculée partout, facilement 50-70 cm, jamais touchée de la main de l'homme. On a donc trop tripé à tracer tout droit entre les arbres, se rouler partout, faire du tobogan (c'était pas mal pentu), etc... Un peu comme un commando dans la neige, mythique ! Bien sur, raconté comme ça, ça a l'air pas marrant, mais en fait c'était énorme !!